• Belle

    Ce soir, je me suis faite belle.

    Petite robe courte style "sixtes", bas fins, bottines talons hauts, et cheveux ajustés en une longue queue de cheval.

    Ma peau, parfaite, veloutée, maquillage discret mais gris, noir comme ma robe, et des boucles pendant à mes oreilles, dans un argent de qualité.

    Merde, je me trouve pas mal !

    Mais

    Il me manque tout.

    SON regard. LE regard.

    En fait je m'aperçois que pire encore, plus que d'amour, j'ai besoin d'être belle dans le regard d'un homme. Qu'il me le dise. Et me le montre.

    Que s'est-il passé pour en arriver là ?????

    Mon père ne m'a jamais trouvée jolie. J'étais rondelette, empotée. Ma mère s'amusait à m'habiller comme une poupée Barbie avec pour seul point commun entre Barbie et moi, le rose bonbon (horreur et damnation). Grâce à cela, j'ai été la risée d'un collège entier.

    Je n'ai pas eu de petit copain avant l'âge de 17 ans, encore que ce fut un vieux rencontré sur internet, qui aurait pu être se situer entre mon père et mon grand-père. Oh, pour sûr ; il aimait mon esprit, ma jeunesse, ma spontanéité mais aussi ma tête. En outre, on m'a toujours conféré que j'étais une femme intelligente.

    Je n'étais pas si laide que cela en ce temps. Sauf que j'ai eu cette manie maladive, d'aller vers des hommes qui m'ont assurée du contraire.

    Yann en fut l'exemple le plus criant. Malgré nos dix ans d'écart, il était odieux avec l'enfant que j'étais encore. Il me taxait de grosse, m'a fait me transformer jusqu'à la teinte et la longueur de mes cheveux. A ses yeux, je n'étais qu'un excrément. Pourtant il me faisait l'amour !

    Alors peut être pour me rassurer, il a fallu que je connaisse d'autres hommes.

    Il y a eu deux types d'hommes dans ma vie : les passionnés de moi (mais jamais libres au fond ....) et les hommes libres d'être à mes côtés mais aveugles ou .... méprisants

    Ensuite, j'ai connu un homme avec qui j'ai passé deux ans, dont la seule remarque une fin d'après-midi d'été, a suffi à me précipiter chez un des plus grands chirurgiens plasticien de ma ville. Cette une confession énorme que je fais là et dont j'ai honte .... mais je dois accepter que j'ai été l'objet d'une souffrance sans limites pour plaire.

    Evidemment cela ne fait pas tout .... la blessure était là malgré tout.

     

    Au jour d'aujourd'hui, je suis en quête, en perte aussi.

    Je dirais que je ne trouve pas d'homme avec qui je ressente ce degré d'intelligente-intimité qui m'est fondamentale, et tout à la fois un homme qui me désire, belle.

    Ce soir, je suis passée devant l'homme qui partage ma vie (l'HQPMV), à part unn bref regard et un "oh" de surprise car je me suis coiffée, différemment, il  n'y a en rien cette flamme brûlante, ce désir comme s'il s'agissait de notre toute première soirée ensemble. Et cela, je ne vois pas comment le gérer, à moins d'un double vie.


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