• SEULE

    Dimanche, 14h30. SEULE.

    Seule pour de bon. Seule pour vrai cette fois. La vérité éclate, l'angoisse monte, puis diminue. Je respire mal. L'horreur m'apparait de plein fouet. Seule, sans plus personne à embrasser, sans plus personne à étreindre, plus personne à attendre ou s'impatienter de voir.

    Je suis en train de vivre ma pire phobie, ma pire angoisse. Peut-être en ressortirais-je renforcée, endurcie ? C'est la seule chose que je puisse espérer. Mais j'ai peur qu'à avoir trop souffert, j'appréhende désormais de me laisser aller à l'amour, celui où on s'abandonne justement.

    Je ne suis pas là pour me plaindre, ou lasser ceux qui ont encore le courage de me lire.

    J'ai juste besoin de parler, pour laisser exploser en moi ce volcan d'émotions. L'écriture m'aide.


    J'ai l'impression d'avoir tout gaché. Je crois que c'est le cas en effet. Je ne mérite que cela, être seule.

    C'est fou comme j'ai changé .... avant, 2004, j'étais ce brin de jeune fille souriante et amoureuse de la vie et de LUI. Le quotidien me plaisait, je le croquais à pleines dents. C'est certain qu'à présent je n'ai plus rien à offrir, plus rien à proposer.

    Pourquoi à chaque fois qu'on me laisse, j'ai l'impression de rendre service ? comme si je n'étais pas aimable.

    Enfin c'est la seule chose qui me réjouisse encore, que l'Autre soit sauvé, loin de moi.


    L'avantage quand on est seule c'est qu'on ne redoute plus d'être quittée ....


    Je me retrouve acculée, face au mur, pas le choix, il faut survivre tant bien que mal. Plus de boulot, plus d'homme dans ma vie, me restent les rêves et l'espoir peut-être qu'un jour je réussisse quelque chose, enfin.

    Vous voyez, j'avais pleins d'envies aujourd'hui, pour une fois. Pour une fois, le soleil n'était pas mon ennemi. Je voulais aller pédaler sur les berges, près de l'eau, et respirer, enfin .... à pleins poumons. Sortir de mon antre et vivre. Ne pas rester couchée tout le jour dans le noir, à larmoyer.

    Quelle ironie du sort que je sois si soudainement plantée, clouée au piloris, détruite d'un coup de poignard. Cette force et cet élan que je ressentais enfin, sont à présent morts, comme moi.

    J'ai peur du temps qui ne passe pas et de cette fichue solitude.

    Pourtant au fond de moi, subsiste un paradoxe : je me sens comme soulagée. Comme je disais, quand on n'a plus rien, on ne peut plus rien perdre.

    J'aimerais tellement me relever et retrouver confiance. D'abord, confiance en moi. Pour affronter cette vie de merde que je n'ai pas voulue.




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