Je suis déprimée. Ou dépressive. Ou les deux.
Recluse chez moi comme 95% des samedis, je fuie le monde, je fuie les autres, je fuie la vie.
Je suis pleine de non-envie, d'absence de désir moral, autre que physique.
Ce matin de sourdes pensées se sont bousculées dans mon esprit tandis que je m'étendais dans ce grand lit vide.
J'ai repensé à avant, à ma petite vie d'avant, médiocre, mais saine, mais sage, mais normale.
Aujourd'hui je suis morte à l'intérieur, ravagée, détruite.
Je n'ai même pas pu aller voir mon psy cette semaine.
De toute façon je ne sais plus quoi lui dire, ni comment le dire. Je me sens folle, destructurée. Perdue surtout.
Arrête donc de croire qu'un homme doit te sortir de ton trou. Ne comptes que sur toi. Mais pourtant j'y crois fatalement ....
Je n'ai envie de rien, pas même de composer un numéro de téléphone et parler. Je suis creuse. Je sonne faux.
Je voudrais juste dormir et ne pas me réveiller, comme ça, c'est fait.
Je pensais que ces sordides envies de mourir allaient passer. Mais point du tout.
Morte ou comme je suis à présent, de toute façon c'est pareil ... là j'ai l'impression de me regarder mourir, en donnant un petit coup de pied au destin pour précipiter les choses.
Qu'il est loin le temps où je vivais vraiment. J'aimais aller en ville, me promener, voir du monde, croiser le regard des autres. J'avais toujours une envie, un désir, un souhait, un projet.
J'étais vivante. J'appréciais chaque seconde, tout autant que je me languissais d'arriver au soir pour sortir, pour vivre.
Désormais je vis dans le passé, le souvenir nostalgique et l'absence d'envies.
Pas d'envies, pas de VIE.