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Etude ... et analyse, je ne m'arrête jamais

La difficulté à demander

La difficulté à identifier ses besoins et à demander ce qu'il désire est un des problèmes du passif-agressif. Il accumule alors les non-dits et les frustrations de sorte que l'amertume se transforme de plus en plus en acide qui corrode les sentiments d'amour. Au lieu de communiquer, il s'enferme dans une bulle de silence qui prend la place du partage, des échanges tendres et de la complicité des débuts. Petit à petit, il n'éprouve plus la joie d'être à deux. Au contraire, être ensemble devient pour lui synonyme d'entrave à sa liberté, d'empiètement sur son individualité. Sans bruit, il reproche à sa partenaire d'avoir des attentes qu'il ressent comme une pression. Quand elle se montre blessée par sa froideur, son manque d'attention, il vit ses larmes et sa plainte comme une contrainte de plus ou de trop. Déjà, qu'il avait le sentiment de se sacrifier, de s'oublier pour lui faire plaisir , si en plus, sa réaction le culpabilise, il explose alors de colère. Et c'est là qu'il se mure dans le mutisme pour plusieurs jours, le temps de faire le tri dans ses sentiments et de s'apaiser.

La croyance que l'amour doit être exempt de conflits

Une relation amoureuse équilibrée suppose qu'il y ait une complémentarité mouvante entre les différences des partenaires, c'est-à-dire que chacun peut compter sur l'autre, que chacun peut trouver en lui la force d'être là pour l'autre, qu'il y a une alternance dans les positions occupées par chacun. Ce n'est pas toujours le même qui est la locomotive du couple et donc son moteur. Cet équilibre vivant s'oppose à la dynamique d'une relation de type dominant-dominé où la pseudo-harmonie est obtenue au prix de la soumission de l'un aux désirs de l'autre. L'absence de conflits n'est alors que d'apparence, tout au moins pour l'un des partenaires, qui s'oublie, qui néglige d'entendre sa réalité interne et son mal-être pour éviter de faire des vagues. Mais également pour l'autre partenaire qui est, en quelque sorte, dupé puisqu'il est maintenu dans le leurre de satisfaire pleinement l'autre. La relation ne peut atteindre une véritable profondeur que si chacun trouve la sécurité nécessaire pour oser mettre en mots ce qui lui tient à cœur, pour être authentique. Supporter d'être transitoirement en désaccord est une condition nécessaire pour ne pas subsister à la surface des choses, pour rencontrer réellement l'autre.


C'est une erreur fondamentale de croire que l'amour est incompatible avec les conflits. L'amour dans son essence se situe en ce point de divergence précisément parce que la personne, en prenant le risque de peut-être déplaire, réaffirme dans le même temps sa confiance en son interlocuteur, en sa compréhension, en sa sollicitude. Dans ces moments où l'écoute doit primer, la difficulté est de quitter l'égotisme et de se maintenir dans une attitude altruiste afin d'être capable d'entendre vraiment ce qui est et ce dont l'autre a besoin et non l'écho de nos propres peurs ou le résultat de nos projections. La volonté réciproque d'être présent l'un pour l'autre, de le mettre au centre de nos préoccupations, de le chérir comme le plus précieux des trésors est ce qui permet de dépasser tous les obstacles et de s'unir vraiment.

Aimer est un don total de soi et ce n'est pas facile parce que tous nous portons des cicatrices de douleurs anciennes et que nous redoutons de souffrir encore. Les seuls conflits qui entravent l'amour sont ceux que nous avons avec nous-même et que nous refusons d'affronter parce qu'ils nous déstabilisent, qu'ils nous obligent à revoir nos repères et nos valeurs et que cette confrontation avec soi-même est parfois vertigineuse... Or, le conflit avec l'autre est justement ce qui permet de dépasser nos limites et d'aller vers plus de véracité. Le conflit est salvateur pour peu que nous soyons honnête vis-à-vis de l'autre et de nous-même, sans quoi le malaise prend prétexte de tout et n'importe quoi et nous nous heurtons sur des peccadilles sans que le noyau émotionnel qui en est la source ne soit atteint. Au final, aimer c'est prendre soin de soi en prenant soin de l'autre, c'est aller à la découverte de soi-même en découvrant l'autre, c'est aussi se donner la chance de croître en lui permettant de s'épanouir.

2.3. La phobie de l'engagement

Il est possible que les comportements passifs-agressifs soient une des conséquences d'une phobie de l'engagement, que celle-ci soit consécutive à une rupture amoureuse traumatique ou qu'elle semble "constitutionnelle". Même si dans le premier cas, la tragédie qui a marqué l'histoire du sujet est évidente, ce n'est pas pour autant qu'elle est absente dans le second. De plus, on peut supposer que c'est parce que cet événement réactualise une blessure narcissique plus ancienne qu'il est aussi douloureux. Puisque le phobique pose plus ou moins consciemment l'équation suivante : s'engager, c'est risquer de souffrir", on comprend que le pattern d'une catastrophe mal surmontée colore tous les échanges et qu'il réveille une conflictualité intolérable.

Dans les premiers temps de la relation amoureuse, l'angoisse est évitée par un clivage du moi (le trauma est maintenu à l'écart du souvenir et des pensées) et par un clivage de l'objet (l'autre en psychanalyse) qui se traduisent dans l'idéalisation du partenaire, dans le fantasme de former un couple exceptionnel au sein duquel le sujet est à l'abri des dangers. Chacun se mire dans le regard de l'autre. La passion se nourrit de cette émulsion. Tant que le miroir est flatteur, le narcissisme est préservé et tout va bien. Mais la perfection n'est pas de ce monde, elle n'est qu'une utopie. Tôt ou tard, le reflet s'approche de la réalité, jusqu'au moment où elle impose la désillusion. C'est un moment de déception intense qui, chez le phobique, enclenche les processus inhérents à sa névrose, sans qu'il puisse ouvrir la relation à l'amour véritable, où l'autre est accepté comme différent, avec ses qualités et ses défauts. Il n'y a pas ou plus d'accès à l'altérité parce que les défaillances de l'autre sont automatiquement perçues comme pouvant conduire à une impasse et non pas comme des potentialités de croissance.


Le phobique de l'engagement est dans une ambivalence extrême entre s'investir et fuir, entre la peur de se risquer ou le sentiment de passer à côté de la vie. Il désire rencontrer l'autre mais il est terrorisé à l'idée d'être affectivement dépendant de sorte que les difficultés conjugales sont vécues comme un mur indépassable, comme un hiatus qui provoque son retrait. Dans ce renoncement à l'autre - auto-privation -, il tire sa satisfaction et de l'illusion de n'avoir besoin de personne - auto-suffisance, et de la maîtrise par l'intellect. Mais ce repli narcissique est un leurre parce que jamais l'indépendance à l'égard de l'objet n'est totale si bien qu'il faut se résoudre à quitter l'isolement et à investir à nouveau... La machine est relancée pour un tour... mais à chaque fois, elle s'essouffle un peu plus ; à chaque réédition, c'est l'abaissement plus des tensions internes que des tensions externes qui est recherché et que trahit le désir de non désir.

 

http://pe-da.blogspot.com/2008/09/articlele-passif-agressif-et-sa_30.html

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