Je suis d'humeur maussade ce soir.
Je pensais que la pluie m'apaiserait, à l'inverse de ce soleil qui m'a tant agressée tout l'été, mais non .... mon âme est à l'image de ce que j'aperçois par la fenêtre : une forêt sombre et humide.
Je prends de plus en plus conscience de ma problématique affective, sans être capable cependant d'agir pour aller dans le bon sens.
Je me ferme à tout.
Et surtout je me sens seule, c'est terrible. Ce n'est pas seulement un simple sentiment de solitude, mais un VIDE en moi qui me fait écho à chaque seconde. C'est presque une douleur physique qui vient s'ajouter.
Ce vide n'est pas "normal". Il est pathologique.
Je me sens abandonnée à la moindre broutille. Finalement je me rends compte que toute ma vie, ce vide m'a habitée, en dehors des périodes fastes niveau affectif : 2003, puis de 2005 à 2009). Tout le reste, j'étais une âme errante, une fillette incapable d'assumer la vie.
Pourtant, j'ai mes parents ici, une amie, quelques collègues, mais mon mal-être entretient le mal-être et je me ferme, simplement pressée de retrouver mon appartement, mon Univers.
Sauf qu'une fois chez moi, j'erre. Avant, j'adorais préparer de petits plats, ou regarder une bonne émission, ou lire. Je me sentais apaisée.
A présent je me sens torturée, vide, morte à l'intérieur.
Je ne sais pas si j'ai aimé réellement V. (je pense que oui ... peut-être pas durant 4 ans, mais je l'ai aimé) mais il m'avait permis d'atténuer cette sensation de vide. Ôtez-moi cet "objet" affectif et je ne vis plus.
Normal, en quelque sorte ..... pour quelqu'un "comme moi" ....
Et puis je vis le "célibat" (au sens ne pas vivre avec quelqu'un, ou ne pas avoir une relation stable, établie) comme un ECHEC. A cela aussi, il faudrait que je réflechisse.
Comme si cela remettait en question ma propre valeur, mes qualités, mon être.
Le psy me disait qu'une séparation pour moi, revient à la perte de mon identité.
Je ne peux pas dire que les ouvertures ou possibilités sont au point mort. J'ai quelques opportunités, je sens que je pourrais me faire accompagner sérieusement, mais je n'ai plus le coeur, je n'ai plus la foi. Je suis paralysée, totalement.
Pire, c'est devenue une vraie phobie.
Je sais que n'ayant pas réglé ma problématique affective, je ne peux pas AIMER.
Je suis devenue dure, extérieurement. Inaccessible.
Le pire c'est que le psy m'a dit que j'étais manipulatrice. Il a rajouté qu'il ne faut pas que je sois avec quelqu'un de mon âge : je le briserais en deux ....
Forcément ça fait mal, et surtout ça fait réfléchir.
Cependant depuis, je me sens moins victime et je préfère cela. Je suis à présent consciente, que mon inconscient dicte mes actions et que je ne suis pas qu'une pauvre victime de la gente masculine.
Mais naturellement je suis revenue en arrière, sur mon passé avec ces données nouvelles, et j'ai effectivement réalisé que j'ai brisé Vlad, sans aucun scrupule, et que je n'ai jamais supporté les frustrations, quelles qu'elles soient.
J'ai aussi un mal fou à imaginer que je vais faire ma vie avec UNE seule personne (donc, me sacrifier, et renoncer à toutes les autres tentations). Pour moi, me marier à 28 ans, c'était impensable, ça signifiait que je tirais une croix sur ma vie de jeune femme.
Et pourtant aujourd'hui, alors que je suis libre, je suis tétanisée.
Allez comprendre ....
Je suis simplement déçue, de ne pas me sentir plus soutenue ou aidée au niveau de mon psy. J'attends beaucoup de ma thérapie, mais je piétine et je me pose chaque fois, trop de questions, sans avoir la satisfaction de lever le voile sur certains éléments. Pour autant, je le trouve très pertinent, et je pense qu'il m'a dit des choses par le passé, qui se sont révélées totalement vraies.