Ce corps que je déteste
un coup du sort, pire que la peste,
je le traine comme un boulet chaque jour
celui qui m'a privée jusqu'à présent d'amour
je voudrais fondre, et me fondre,
cesser enfin, revivre, ne plus me morfondre
retrouver le goût de me vetir et de plaire
ne plus jamais sentir ce pantalon qui me serre
engluée, enserrée dans cette infâme chair
je ne suis plus femme, je ne peux plus plaire.
Il fut un temps où il ne me dégouttait pas
je pouvais détrôner les reines, on ne m'abattait pas
je me trouvais pourtant grosse, et ils me le rappelaient,
chaque jour, chaque minute, leurs mots m'assomaient,
mais je plaisais, j'étais belle, fière, et séduisante,
avant que tout cela, inlassablement, me hante.
Mincir, maigrir, oublier, revivre, le miroir était mon ami.