Il y a un an, je me souviens de cette jeune femme assise dans sa voiture, qui mangeait seule dans la campagne iséroise. Elle se disait à quel point elle détestait sa vie, son quotidien, et attendait que quelque chose de Beau arrive enfin pour secouer cette stabilité monotone ....
Elle ne savait pas qu'elle pourrait connaitre pire.
Après avoir touché le sommet.
Moi et V. barbottant dans l'eau sur cette plage du Sud de la France en septembre dernier, moi et lui riant comme des enfants, sautant dans les douces vagues, se sentant libres et légers.
Qu'est-ce qui a suscité cela .... mais je me suis dis : "Fixes en toi cette image, ce souvenir, car tout va s'arrêter.".
Et c'était on ne peut plus vrai. Juste après : vol des papiers, voiture cassée, angoisse absolue, peur, panique, vide, tremblements, angoisses, corps qui déraille. Et les acouphènes.
Puis .... internet, le forum, R. et tout le reste. Fin 2009, explosion de ma vie, de ma petite stabilité.
Je n'aimais pas ma vie avant. Maintenant je la déteste et surtout, je ne la gère plus.
Il y a quelques jours j'avais encore la foi, l'envie de sortir la tête de l'eau, de revenir dans la réalité, d'affronter le quotidien.
A présent je ne peux plus, je suis à bout de force.
Mon traitement, loin de me réussir, me plonge dans une torpeur qui m'endort. C'est incompatible avec une activité professionnelle. Mais je me refuse à céder, à cesser cette aide chimique dont j'ai vraiment besoin.
Je fuie les autres. Ma mère ne m'a pas vue depuis Juin. Mon père me disait "on ne te voit plus". Je suis un spectre, je préfère ainsi que les gens ne mesurent pas mon mal-être. Je voudrais juste disparaitre.
Je me sens lâchée par mon psy, qui se prend deux mois de vacances. Mon médecin traitant est lui aussi en vacances. Vive le mois d'Août et la santé, et la terre qui s'arrêtent de tourner.