Encore une journée misérable.
Je compte les jours qui me séparent de ma reprise professionnelle.
En fait, reprendre le travail me semble salutaire, dans la mesure où même arrêtée, je déprime .... mais je sens une grande hostilité à présent dans mon cadre de travail et je pense que le plus dur reste à venir. Mardi j'ai été "harcelée" téléphoniquement, comme si les assistantes avaient eu pour ordre de m'imposer une atroce pression.
J'étais tellement mal que j'ai adressé un email à la seule collègue en qui je pensais pouvoir avoir confiance, du fait que je l'avais proprement soutenue lors des difficultés récentes qu'elle avait eues, et qu'elle-même a été arrêtée 6 mois pour dépression.
Eh bien elle n'a JAMAIS répondu à mon mail. Ignorée totalement.
Je lui faisais part de mon anxiété et ma culpabilité suite aux différents échanges. J'attendais un petit mot de soutien, de courage, je n'ai eu que le silence.
Finalement c'est bien dans l'adversité que l'on peut faire le point sur ses amitiés, ses liens .....
Ce soir je reçois ma seule amie. Je devais déjeuner avec elle hier et ce midi, j'ai annulé coup sur coup, incapable de pouvoir trouver la force de donner le change.
Ce soir, je ne peux reculer, et ce serait soit cela, soit rester seule dans mon appartement. J'ai peur d'être trop laconique, pas assez positive.
Cet après-midi j'ai beaucoup réfléchi, en écho à ma séance psy d'hier.
Un instant, j'ai pensé que mon état dramatique s'expliquait par une sorte de "mauvais oeil", comme si j'avais été victime d'une malédiction (par exemple, payer pour le mal que j'ai fais). Je suis depuis quelques temps, anormalement attirée par le côté morbide de la communication avec les morts, cela en devient obsessionnel.
D'ailleurs c'est là que mon psy a proposé de me faire revenir demain soir. C'est là encore, que j'ai parlé du suicide de mon oncle, que je ne m'explique toujours pas, je sais simplement que je me retrouve beaucoup TROP en cet oncle parti trop vite.
Voilà, en dehors de l'explication purement basique de la dépression classique, j'ai envisagé des pistes occultes mais c'est ridicule.
Je pense plus sincèrement que j'accuse le coup de la fin 2009 qui a été je pense, le pire passage de ma vie. C'est à dire que RIEN n'allait. Arrivée des acouphènes (Joyeux Anniversaire : 1 an !!), décrépitude de mon couple stable depuis 4 ans, perte brutale de mon oncle, des fêtes de fin d'année épouvantables dans la solitude extrême, en prime le boulot qui n'allait pas depuis 2 ans .... puis début 2010, la solitude de cet appartement que je ne pensais pas garder, la mise à l'épreuve dans cette vie nouvelle qui me fait peur, la route à faire pour aller travailler, des relations chaotiques toujours ..... trop, c'est trop vraiment.
Le souci c'est qu'avant, j'arrivais encore à éprouver de l'Envie. Envie de sortir, envie de voir telle boutique, trouver tel livre. J'avais une petite curiosité au monde, et surtout, je pouvais voir mes proches sans me bourrer de médicaments.
Maintenant je ne peux même plus aller au restaurant avec mon père ou mon amie.Et je n'ai envie de rien.
A ce stade là j'en viens à redouter l'hospitalisation. Ce sont surtout les pulsions suicidaires qui sont redoutables. J'ai écris 5 pages d'adieu à mesure des soirs qui passaient où j'organisais mon départ méthodiquement. Comme je disais au psy, chaque fois je suis au plus mal le lendemain de ces pulsions parce que j'ai vraiment peur de passer à l'acte, même ce soir j'ai peur. Je n'ai jamais ressenti cela par le passé. J'ai eu de mauvais passages, mais jamais d'idées à ce point morbides et encore moins de mises en oeuvre.
Le fait que mon psy veuille me revoir 2 jours après ma séance m'inquiète. Je ne sais pas ce qu'il va me dire au vu de ce que je lui ai avoué.
Même si je souffre énormément, j'espère et je voudrais, retrouver une vie NORMALE sans ces angoisses persistances et cette peur permanente, et ces prises de risque .....